La brasserie du Lion en Nouvelle-Zélande :
la passion de la bière aux antipodes


Depuis plus d'un an, la brasserie Lion – la plus importante de Nouvelle-Zélande et une des plus modernes du monde – convie les amateurs de bières à découvrir son «Lionzone ». Cette visite guidée interactive, imaginative et gustative est devenue une des attractions d'Auckland.
(reportage de notre collaboratrice sur place)

Brasseur et fier de l'être

La Nouvelle-Zélande est terre de brasseurs. Son passé anglo-saxon, son climat très favorable à la production d'orges et de houblons, la pureté de son eau sont autant d'atouts pour fabriquer des bières de grande qualité. Les Néo-zélandais en sont gros consommateurs, la Lion Red est leur préférée. C'est la marque étendard de la brasserie Lion, elle ne vise que la marché intérieur. Son autre fleuron, la Steinlager (Steinie pour les Kiwis), se positionne sur les marchés internationaux. Cette brasserie installée depuis plus de deux cents ans en plein coeur d'Auckland (lieu choisi à l?origine pour la pureté de son eau) est l'un des sponsors les plus actifs de Nouvelle-Zélande : Lion Red supporte notamment le rugby et Steinlager, la voile.

Salle de brassage de la brasserie du Lion













L'entrée du Lionzone se fait par cette canette géante !
















Aujourd'hui, la brasserie Lion brasse une quinzaine de marques différentes dont la Stella Artois produite ici sous licence. Elle en distribue une cinquantaine. Tous les goûts sont représentés. Les Néo-Zélandais se montrent désormais plus éclectiques dans leur choix et plus soucieux de qualité. Il y a dix ans, la production s'équilibrait entre les bouteilles de verre et les cannettes. Aujourd'hui, 80 % de la production sont embouteillés. Tous les formats sont commercialisés même les jéroboams (les bouteilles proviennent de France), très prisés en période de Coupe de l'America.


Visite multisensorielle

Le Lion à l'entrée a rugi, la visite peut commencer. Pendant une heure quarante-cinq, les visiteurs vont pouvoir découvrir l'univers de la bière, traverser l?histoire de cette brasserie installée sur une des artères les plus vivantes d'Auckland, la Khyber Pass Road. En guise de mise en bouche, hologrammes et personnages de cire retracent l'épopée de la bière depuis ses origines égyptiennes jusqu'à son arrivée en Nouvelle-Zélande dans les bagages du Capitaine Cook.

Le Lionzone mobilise tous les sens, l'odeur du houblon dans la serre saturée d'humidité, la texture de l'orge, le bruit si caractéristique d'une cannette que l'on dégoupille. Cette visite n'économise aucun détail. Le passage dans une cannette géante marque l'entrée dans l'univers de la marque. Nous voilà transportés dans un pub des années 60 quand une loi sévère (et aujourd'hui caduque) imposait une fermeture à 18 heures. Même moquette orangée, même cendrier, même pendule. La nostalgie ne dure guère, nous voilà invités à revisiter l'épopée publicitaire de la marque. Spots, affiches, différents objets promotionnels retracent - tambour battant - cette aventure dominée par des figures comme Sir Peter Blake qui a remporté de si nombreuses victoires sous les couleurs de Steinlager.
La visite fait un détour par la réalité et les imposantes chaînes de conditionnement d'où sortent 140 millions de litres par an. Vingt opérateurs suffisent à la bonne marche de cet immense assemblage. Pour finir, l'attendue dégustation se déroule dans un immense bar flanqué des deux énormes « bouilloires » en cuivre utilisées au siècle dernier. Lion Red ? Steinlager ? A vous de choisir !


Embouteillage

Musée moderne dans lequel le visiteur peut
découvrir l'histoire de la brasserie
La Nouvelle-Zélande

Ce pays, situé au coeur du Pacifique sud jouit d'un climat et de microclimats très favorables. L'eau y est pure et abondante. Les colonisateurs britanniques ont trouvé ici une terre promise pour la bière. Les nouveaux arrivants ont rapidement exploité ce formidable potentiel et cultivé houblon et orge. La région de Nelson dans l'île du Sud s'est montrée la plus adaptée à la culture du houblon. Le vent y est faible, l'humidité et l'ensoleillement parfaits. Aujourd'hui sa production est l'une des plus prisées au monde. La région de Canterburry, également dans l'île du Sud, a montré sa supériorité pour la production d'orges. Les produits issus de ses terres fertiles sont d'une qualité exceptionnelle. Avec un tel potentiel, il n'est guère surprenant que la Nouvelle-Zélande produise autant de bières de qualités. Elle se flatte aussi d'être le premier pays à avoir transporté la bière dans des camions-citerne.


Le Capitaine James Cook

En 1769, le Capitaine James Cook et son navire Endeavour abordent les rives de la Nouvelle-Zélande. Cette île habitée par les Maoris et découverte cent ans plus tôt par l'explorateur hollandais Abel Tasman, reste ignorée des Européens. La venue du Capitaine Cook va ranimer l'intérêt de la couronne britannique pour cette terre du Pacifique. Toutefois la colonisation ne commencera réellement que cent ans plus tard. Le Capitaine Cook en arrivant ici a brassé avec des plantes locales sa bière « Spruce beer ». Les goûts ont dû considérablement évoluer, sa recette respectée à la lettre a produit un breuvage jugé aujourd'hui... imbuvable. Malgré cela, le Capitaine demeure une des figures fondatrices de l'aventure de la bière en Nouvelle-Zélande. Sa statue de marbre est en bonne place à l'entrée de l'usine. Un oeil attentif remarquera la bévue du sculpteur, il a affublé son modèle d'un tricorne porté à l'italienne (comme Napoléon) alors que le valeureux capitaine portait son célèbre couvre-chef à l'anglaise, la pointe en avant.

Le Capitaine Cook, lui-même