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un mariage de raison |
| Puisque la bière est un produit naturel, il semble aller de soi que sa production respecte l'environnement. Toutefois, la brasserie est une activité industrielle et donc génératrice de pollution. Les nouvelles normes environnementales sont contraignantes mais la plupart des brasseurs aujourd'hui jouent la carte "écolo". C'est une question d'image vis à vis des consommateurs mais ce sont aussi des considérations économiques qui les motivent. Produire les mêmes quantités de bière tout en réduisant la facture d'électricité, de gaz, de carburant ou d'eau est un défi que certains ont déjà relevé. Intéressons-nous à deux entreprises : la brasserie Duyck à Jenlain (74 000 hectolitres par an) et la brasserie de la Valentine (groupe Heineken) à Marseille (capacité de production d'1,1 million d'hectolitres par an). |
![]() Vue de la brasserie de la Valentine à Marseille |
![]() La brasserie Duyck à Jenlain. 5 millions d'euros investis en 3 ans notamment pour respecter l'environnement. |
La première vient de lancer un programme d'investissements de 5 millions d'euros sur trois ans pour moderniser ses installations et répondre aux exigences environnementales. Concrètement, le chauffage fonctionnera au gaz, moins polluant que le fioul utilisé aujourd'hui. La centrale de production de froid (pour la fermentation...) utilisera du fréon en lieu et place de l'amoniaque (moins polluant en cas de fuite). La centrale de nettoyage qui sera construite permettra de réutiliser une partie de l'eau. Les nouveaux équipements seront moins gourmands en énergie et les eaux usées seront en partie traitées avant de rejoindre les stations d'épuration. |
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Produire un litre de bière nécessitera entre 6 et 7 litres d'eau. Aujourd'hui, de nombreuses brasseries ont encore besoin de 10 litres d'eau pour produire 1 litre de bière (l'eau sert au brassage mais aussi au nettoyage des cuves, des installations, à l'embouteillage...) Certes respecter l'environnement a un coût mais générera aussi des économies. Les charges seront allégées de manière conséquente. L'investissement est très important si l'on considère la taille de cette brasserie familiale.
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![]() Respect de l'environnement mais aussi protection des 177 salariés de la Valentine |
![]() Récupération des déchets dans des containers identifiés à Marseille |
A Marseille, la brasserie de la Valentine s'étend sur plus de 10 hectares. La configuration est donc toute autre. L'usine vient de recevoir la norme de certification ISO 14001. Que cela signifie-t-il ? La réponse est multiple. Cela concerne aussi bien la production de bière que le transport ou la traçabilité du produit. Sur ce dernier point, le directeur de la brasserie, Stéphane Crépel, affirme qu'il est possible, en deux heures, à partir de l'étiquette, de remonter toute la chaîne : nom de la brasserie, provenance des matières premières... |
Aujourd'hui, la Valentine utilise moins de 5 litres d'eau pour produire 1 litre de bière. Le record mondial est de moins de 4 litres (très grosse unité). En deux ans, la consommation de gaz a baissé de 20 %, la consommation d'électricité a été réduite, les déchets sont triés (carton, verre, métal...), les produits chimiques (nécessaires au nettoyage des installations) sont mis en sécurité. Le site s'est mis en conformité concernant l'utilisation d'amoniaque... En dehors des salles de brassage ou de fermentation, l'itinéraire des camions de livraisons a été revu et corrigé pour éviter la traversée du village voisin. Les eaux usées sont pré-traitées avant de se déverser dans la station d'épuration de la ville. Nous le voyons, globalement, respecter l'environnement suppose des investissements importants mais permet rapidement de faire de substantielles économies. |
Raymond Steydli, responsable "environnement"du groupe Sogebra (Heineken, France Boissons) |
![]() L'utilisation des produits chimiques est indispensable. |
A Jenlain ou à Marseille, le bon sens et une réorganisation de certaines activités complètent le dispositif écologique. Des progrès restent bien entendu à accomplir. L'optimisation des ressources peut sans doute être encore améliorée (la consommation de produits chimiques n'est pas très importante mais reste identique après aménagements). Le consommateur de bière peut en tout cas se réjouir de déguster des produits élaborés par des industriels, qu'ils soient petits ou grands, écologiquement et sincèrement responsables. A noter que les normes de respect de l'environnement ne s'applique que pour les brasseries qui dépassent les 50 000 hectolitres par an. Celles-ci doivent d'ailleurs faire une déclaration préalable en préfecture. Le texte légal qui encadre l'activité de brasserie est l'arrêté ministèriel du 2 février 1998. |