InBev s'empare de la Bud !
Le groupe belgo-brésilien rachète l'américain Anheuser-Busch et devient n°1 mondial, loin devant ses concurrents.
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C'est une nouvelle fois un grand chamboule-tout dans le monde de la bière et cette fois-ci l'offensive vient d'InBev. Le groupe belgo-brésilien s'est offert l'américain Anheuser-Busch, producteur de la célèbre Budweiser et indépendant depuis 150 ans. Gambrinus (roi de la bière en Belgique) en tomberait de son tonneau. Le brasseur de la Stella-Artois et de la Leffe, encore un acteur modeste il y a dix ans, est devenu en quelques années, le n°1 mondial de la bière. A coups d'acquisition tous azimuts, InBev se taille aujourd'hui la part du lion. Le groupe belgo-brésilien n'a fait qu'une gorgée de l'américain Anheuser-Busch. Les discussions ont été rondement menées et n'ont pas dépassé un mois. InBev s'offre aussi le luxe de régler la note en cash : 52 milliards de dollars soit près de 33 milliards d'euros. C'est la plus grosse opération jamais effectuée dans le secteur. Certes, InBev a dû augmenter son offre pour convaincre les actionnaires de l'Américain (de 65$ l'action à 70$) mais l'affaire s'est réalisée de manière «amicale», priorité de l'acquéreur. |
L'aigle d'Anheuser-Busch n'a pas résisté aux sirènes d'InBev |
Carlos Brito, le patron d'InBev |
Carlos Brito, le patron d'InBev a clairement dévoilé ses intentions au soir du 14 juillet, date de l'officialisation du rachat : devenir «la meilleure entreprise spécialisée dans la bière du monde». Et pour cause : le nouvel ensemble a une capacité de production de 460 millions d'hectolitres. Son chiffre d'affaires global atteindra les 36,4 milliards de dollars pour 6 milliards de dollars de bénéfices escomptés. Anheuser-Bush – InBev (nouveau nom du groupe) détient désormais 26% du marché mondial de la bière ! |
Seul en têteLe nouveau groupe laisse loin derrière lui ses concurrents et notamment SABMiller. L'anglo-sud-africain ne réalise chaque année que 21 milliards de dollars de chiffre d'affaires, soit plus de 15 milliards de différence ! Heineken arrive en troisième place avec 12 milliards de dollars et devance Carlsberg (8,8 milliars de $) et Molson Coors (6,2 milliards de $). Anheuser-Busch – InBev prend ainsi une longueur d'avance considérable dans ce marché hyper concurrentielle et récupère aussi les joyaux de l'Américain. Anheuser-Busch détiendrait 48,5% du marché nord-américain, possède 50% de la brasserie Grupo Modelo premier brasseur mexicain et propriétaire de Corona. La liste n'est pas close. Anheuser-Busch détient ni plus ni moins que 27% de la brasserie Tsingtao (fondée par des Allemands), première brasserie du pays (13% du marché local) et prend le contrôle de d'Harbin Brewery Group Ltd, la plus vieille brasserie du pays. Or, le marché asiatique et notamment chinois est l'un des plus dynamiques au monde. |
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Le siège d'Anheuser-Busch dans le Missouri |
Réduire les coûts et rassurerCarlos Brito a une réputation de coupeur de coûts. Entre l'augmentation spectaculaire des prix des matières premières et le déclin des marchés historiques du groupe, on se doute aisèment que l'opération devra être profitable au maximum. Ainsi, Carlos Brito envisage déjà de ne pas remplacer certains salariés qui partiront à la retraite et plusieurs activités d'Anheuser-Busch pourraient être cédées pour un total de 7 milliards de dollars. Les parcs d'attraction du géant américain et son activité dans l'aluminium devraient subir les frais de ce rachat. Les économies attendues sont de l'ordre de 1,5 milliard de dollars par an d'ici 2011. InBev a dû aussi accepter quelques concessions : le siège d'Anheuser Busch restera dans le Missouri et aucune des douze brasseries du groupe ne sera fermée. La direction a également précisé que «la Budweiser serait commercialisée comme une bière de premier choix partout dans le monde au même titre que la Stella-Artois ou la Beck's» |
Une opération gigantesque dans un marché en pleine concentrationContrairement à Anheuser-Busch, InBev est particulièrement dynamique ces dernières années sur le marché mondial et n'hésite pas à aller faire son marché à travers le monde. Le groupe belgo-brésilien (constitué en 2004 avec la fusion d'Interbrew et du brésilien AmBev) n'est pas le seul, loin de là. Cette acquisition d'Anheuser-Busch intervient alors que l'encre est à peine sèche sur le contrat de rachat et de démantèlement de Scottish & Newcastle par Carlsberg et Heineken pour 10,5 milliards d'euros, c'était en janvier dernier. Si l'on remonte davantage dans le temps, en 2002, c'était la fusion de SAB (South African Breweries) et Miller qui faisait la Une des journaux. Le groupe une fois constitué se lançait à son tour dans un plan d'acquisitions avec le rachat du canado-américain Molson Coors pour grignoter des parts de marché à.... Anheuser-Busch. Heineken n'est pas en reste avec le rachat de nombreuses brasseries sur les marchés les plus dynamiques, notamment en Europe centrale et en Asie. Quelles seront les réactions des autres géants après cette acquisition ? Pour le moment, les rumeurs ne font état d'aucune nouvelle grosse opération tellement le marché évolue vite dans les pays émergents; Les observateurs de ce secteur envisagent par exemple l'arrivée dans la cour des grands d'un éventuel géant chinois. Rappelons qu'en 2007, le marché mondial a progressé de 5% pour atteindre une production de 1,76 milliard d'hectolitres. Les ventes sont tirées par l'Asie, l'Europe de l'Est, l'Amérique latine et dans une moindre mesure, l'Afrique. |
Le classement des 5 premiers brasseurs mondiaux avec leur production en millions d'hectolitres et leur chiffre d'affaires. |
