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François Devos : Quelles seront vos objectifs durant cette année ? - Jean-Paul Vandenbroucke : Premièrement, mieux faire connaître le produit. Communiquer à travers les média sur nos brasseries, leurs produits, leurs spécificités et leurs qualités. Deuxièmement, il faut s'approprier le thème "bière et prévention". La bière est attaquée de tout bord par les pouvoirs publics. Les brasseurs ne sont pas des entrepreneurs assassins. Ce sont des chefs d'entreprise responsables. Ils ne forment pas des générations d'alcooliques (sic). Je suis désolé de voir que l'on classe la bière dans les drogues dures. Contrairement au vin, qui dispose d'un lobby très puissant, la bière ne parvient pas à se défaire de cette image négative. Il me paraît important de sensibiliser les brasseurs à ce problème et de les convaincre qu'il est également de leur responsabilité de parler d'alcool et de prévention auprès des employés et des clients. Insister sur le fait que c'est un produit festif qu'il faut consommer avec modération. C'est important en terme d'images pour tous les brasseurs. -F.D. : Comment, concrétement, comptez-vous défendre les bières du Nord ? -JP. Vandenbroucke : c'est un produit merveilleux. Face aux grands groupes, les brasseurs du Nord sont obligés d'innover et de proposer des bières de spécialités. J'essaye de défendre la mise en place d'un certificat régional rattaché à une indication géographique protégée (IGP). Je pense qu'il faut définir un cahier des charges précis mettant en avant les techniques de fabrication (fermentation haute ou basse...) et la traçabilité du produit : origines des matières premières, mise en valeur du terroir. Un certificat peut être contraignant pour certains mais c'est une garantie pour les brasseurs régionaux. C'est une façon de défendre leur produit et de rassurer les consommateurs. C'est aussi un avantage par rapport aux grandes brasseries. -FD : il existe déjà un label Nord-Pas-de-Calais... -JP. Vandenbroucke : oui mais c'est au brasseur de définir le cahier des charges de ce certificat, moins contraignant que le label en tant que tel. La qualité est un gage de développement. Cette démarche de qualité fait partie de la politique commerciale de la société. L'objectif est toujours le même et pour tous : faire plus d'hectos pour en vendre plus. C'est le nerf de la guerre. Chacun doit assurer la pérennité de son entreprise
-FD : Combien coûte la mise en place d'un tel certificat ? -JP. Vandenbroucke : 40 KF par an pour une certification -FD : Plusieurs "petits" brasseurs du Nord ont vu votre arrivée à la tête du syndicat avec méfiance. Ils doutent qu'un homme issu d'un groupe international, cherche sincèrement à les défendre. Que répondez-vous ? -JP. Vandenbroucke : Je ne suis pas à la solde des grands brasseurs. Si je n'avais pas été candidat à la présidence du Syndicat, je crois qu'il n'existerait plus aujourd'hui, faute de candidat. Les "petits" brasseurs doivent se réjouir qu'il y ait quelqu'un pour les défendre. Je suis convaincu que le syndicat des brasseurs du Nord doit être une courroie de distribution pour faciliter le mélange entre les "grands et les petits". Il faut que chacun puisse profiter de l'expérience des "grands". -FD : Vous avez beaucoup d'idées mais peu de moyens. On sait que le syndicat n'est pas riche. Comment faire alors ? JP. Vandenbroucke : Pour alimenter les caisses, il faudrait sans doute organiser des manifestations auto-rémunérantes. Le lancement des bières de Noël pourrait par exemple s'ouvrir au grand public moyennant une participation. A ce propos, c'est une bonne chose que cette manifestation se déroule à Lille. En 2000, à Dunkerque, la soirée n'a pas rencontré le succès escompté. A nous d'être imaginatifs, d'innover, d'ouvrir la porte aux consommateus pour mieux communiquer. |